Vers la mise en conformité de l'internet public
Par David Mattmann le lundi, mars 26 2007, 09:47 - Lien permanent
La loi impose aux collectivités d'adapter, d'ici à trois ans, leurs services
de communication en ligne aux contraintes techniques liées aux handicaps
visuel, auditif, moteur et cognitif.
Il existe en France plus de 7000 sites internets publics. Ils auront, à compter de la parution des textes d'application, un délai de trois ans pour se mettre en conformité avec les règles d'accessibilité numérique, en prenant en compte les handicaps auditif, visuel et moteur. L'article 47 de la loi du 11 février 2005 dispose, en effet, que « les services de communication publique en ligne des services de l'etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ».
SANCTIONS
L'accessibilité concerne l'accès à tout type d'information sous forme
numérique, et ce quels que soient le moyen d'accès, les contenus et le mode
de consultation
. Un décret en Conseil d'Etat doit fixer les règles
relatives à l'accessibilité et préciser la nature des adaptations à mettre en
oeuvre, ainsi que les sanctions imposées en cas de non-respect de ces règles.
Il doit, en outre, énoncer les modalités de formation des personnels
intervenant sur les services de communication publique en ligne. Le décret
d'application n'a pas encore été publié et le référentiel est en cours
d'élaboration. Il s'appuiera sur les normes internationales du W3C ( World
Wide Web Consortium).
RECOMMANDATIONS
Les recommandations internationales pour l'accessibilité de l'internet,
mises en place dès 1999 par le consortium W3C, devront être appliquées. Cet
organisme de standardisation a été créé, en octobre 1994, pour promouvoir la
compatibilité des technologies du web : il s'agit de mettre le web et ses
services à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel
ou logiciel, leur infrastucture réseau, leur langue maternelle, leur culture,
leur localisation géographique, ou leurs aptitides physiques ou mentales.
Elles s'adresent aux concepteurs de sites et réalisateurs de contenu ( Web
Content Accessibility Guidelines, WCAG), aux développeurs de logiciels et
d'outils de navigation internet ( User Agent Accessibility Guidelines,
UAAG), et aux développeurs de logiciels et d'outils générant du contenu (
Authoring Tool Accessibility Guidelines, ATAG).
L'accessibilité, au sens strict de la prise en compte des différentes
situations de handicap, a pour objectif de rétablir l'universalité de l'accès
aux services de communication publique. Pour l'internet, les critères
d'accessibilité concernent notamment les éléments graphiques, les couleurs, le
multimédia, les liens, la structuration d'une page web et l'aide à la
navigation.
FORMATS SPECIFIQUES
Pour les personnes handicapées visuelles, l'accessibilité passe par les
caractères agrandis, la loupe d'écran, la synthèse vocale et la plage braille;
pour les personnes malentendantes ou sourdes, souvent illettrées, par la
traduction en langue des signes; pour les personnes handicapées motrices, par
l'utilisation d'une souris et d'un clavier adaptés, car leur principal problème
est la navigation dans la page; et pour les personnes atteintes de handicap
mental ou cognitif,par la conception de contenus de formats spécifiques,
langage simplifié, diffusion audio.
Un référentiel, en cours d'élaboration à la direction générale de la
modernisation de l'etat ( DGME ) et s'appuyant sur les directives WCAG
du W3C, comprendra les règles obligatoires auxquelles devront se conformer les
services de communication publique en ligne et les moyens d'évaluer cette
conformité. Ce référentiel sera une annexe indispensable à tout cahier des
charges de création ou de refonte de service de communication publique en ligne
et notamment du projet web ( Internet, intranet et service accessibles via
téléphone, le mobile ou encore la télévison).
Article 47 de la loi N° 2005-102 du 11 février 2005 ( JO du 12 février 2005 )
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